Propos polémiques d'Alassane OUATTARA sur l'Eco : Et si la future monnaie Ouest-Africaine n'était qu'une réplique du FCFA ?

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Propos polémiques d'Alassane OUATTARA sur l'Eco : Et si la future monnaie Ouest-Africaine n'était qu'une réplique du FCFA ?

(Photo d'archives pour illustrer l'article)

Il fallait s'y attendre ! Les rebondissements danscette affaire de création de la nouvelle monnaie sous régionale d'Afrique de l'Ouest,l'Eco, il y'en aura...et ça ne fait que commencer. Ce Mardi 09 Juillet, au sortird'une audience avec son homologue Français, le Chef de l'état Ivoirien,Alassane OUATTARA a jeté un véritable pavé dans la mare des pourfendeurs duFCFA en affirmant qu'à "terme, le FCFA s'appellera "Eco'', ceci en répondantà une question qui lui était adressée concernant l'avenir de la future monnaiecommune qui se veut un outil d'intégration capable de soutenir une croissancehomogène dans l'espace CEDEAO.
Une déclaration qui sera très vite reprise en polémique surla toile, qui va s'en enflammer, avec une levée de bouclier rageuse contre ledirigeant Ivoirien, soupçonné par les adversaires du maintien du FCFA et parune certaine opinion, se réclamant panafricaniste, de travailler à l'échec dece projet.
Mais, à la vérité, Alassane OUATTARA a-t-il tort d'adopterun ton rassurant sur l'avenir de l'héritage colonial monétaire légué par la France ?Au-delà des débats passionnés que peut susciter cette controverse sur l'avènementou non d'une nouvelle monnaie dans l'espace UEMOA, puisque c'est là que l'enjeuest le plus vivace, il convient de s'interroger sur les fondements réels decette monnaie qui se trouve être l'aboutissement d'un long processus d'élaborationmené conjointement par les économistes de la Zone Monétaire Ouest-Africaineet de l'Union Economique et MonétaireOuest-Africaine. D'un point de vue objectif, il serait difficile de soutenir l'argumentselon laquelle le FCFA plombe les économies d'Afrique francophone subsaharienneau regard de ce qui se passe ailleurs, où les états qui battent leur propremonnaie n'affichent pas un niveau de développement supérieur à ceux de leursvoisins francophones.
A titre d'illustration, pour l'année 2018, la zone UEMOAprésentait un taux de croissance enviable de 6.6% quand du côté des états de laZMOA, le Nigéria affichait pour la même année un taux de croissance poussif, de1.9% de son PIB. Au Ghana, deuxième géant économique de la ZMOA, les chiffresse situaient à 5.6% pour le taux de croissance et à 36.4 milliards de dollars en2015 pour le Produit Intérieur Brut alors que chez le voisin Ivoirien, l'onobserve toujours une croissance à deux chiffres estimée à 7.4 % et propulséepar les investissements dans les infrastructures pour un PIB de 4.3 milliardsde dollars en 2017. Cette situation qui est encore plus stridente dans lesautres économies de la ZMOA à l'instar de la Sierra-Leone, du Libéria ou de laGuinée-Conakry, autre pays francophone où bien que la croissance économique aitconnu un bond statistique ces dernières années pour afficher un taux de croissancede 8% en 2017 pour un PIB de 10 milliards de dollars la même année, lesperspectives sont encore moins reluisantes qu'un pays comme le Burkina Faso oùle taux de croissance se situait parallèlement à 6.7% pour un PIB de 35milliards de dollars, en dépit de la crise sécuritaire et économique quiébranle ce pays Sahélien. Autant de données non exhaustives qui dénotent de lavulnérabilité des systèmes monétaires africains en général et de la versatilitédes monnaies de la ZMOA qui sont loin de constituer pour elles des garanties decroissance viables sur les marchés internationaux. Bien que critiqué, beaucoupplus pour des motifs idéologiques qu'économiques, le FCFA a l'avantage d'assurerune stabilité monétaire à ses états membres, ce qui peut expliquer l'engouementdes pays de la ZMOA à accélérer le processus de mise en place de la monnaiecommune pour mieux composer avec des ensembles monétaires tels que l'Euro,auquel est arrimé le FCFA. Décidée en 2009, la nouvelle monnaieOuest-Africaine, dans le chronogramme fixé par les chefs d'états devaitinitialement entrer en vigueur dans la ZMOA dès 2015, avant de fusionner avec l'UEMOAen 2020. Une échéance maintes fois reportée, jusqu'au rendez-vous de Juin 2019à Abidjan où les 15 états membres de la CEDEAO se sont mis d'accord sur unedate, celle de 2020, difficilement tenable d'ailleurs, pour mettre en marche cettemonnaie sur le modèle du FCFA.
Seulement, les obstacles demeurent et les barrières entermes d'harmonie des politiques douanières et fiscales développent unerésilience paradoxale aux ambitions affichées par les dirigeantsOuest-Africains. Pour le Chef d'état Ivoirien, "le FCFA se porte bien'' et sespropos sur la nécessité de la convergence des politiques économiques etbudgétaires démontrent clairement que l'objectif de 2020 relève plus d'un voeu pieuxque d'une prévision dûment élaboré. Du reste, quel est l'impact de la France etde ses alliés Européens sur cette monnaie en gestation ? En quoi peut-elleconcrètement constituer une clé de voûte pour propulser des économiesOuest-Africaines en arrière train de l'évolution mondiale ? Des aspectsdéterminants qu'il reste à voir...

source : Netafrique.net    |    auteur : Raoul MOBIO

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