17 ans après la rébellion ivoirienne, Soro : « Pourquoi je demande pardon », ce qu'il dit à Ouattara, Bédié et Gbagbo

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17 ans après la rébellion ivoirienne, Soro : « Pourquoi je demande pardon », ce qu'il dit à Ouattara, Bédié et Gbagbo
Guillaume Soro a donné le sens du pardon qu'il prône, depuis un moment, face aux populations du Bafing qu'il a croisé, ce jeudi 14 mars 2019, à son domicile.
Pour la première fois, Guillaume Soro a donné le sens du pardon qu'il prône ces dernières années pour la réconciliation et la restauration de la cohésion sociale en Côte d'Ivoire. L'ex-président de l'Assemblée nationale contraint à la démission a longuement expliqué cet engagement aux populations du Bafing venues lui témoigner leur soutien chez lui à Abidjan. « Pourquoi je demande pardon ? », a interrogé l'ancien Premier ministre ivoirien, qui situe son pardon à trois niveaux. Le premier, à un niveau purement spirituel. « Dans le coran, il est écrit que le pardon vient de Dieu. C'est de la même façon que c'est écrit dans la Bible. Quand tu fais quelque chose, il faut demander pardon. Donc, mon premier pardon est au sens spirituel du mot. Parce que le pardon grandit, apaise les coeurs, vient de Dieu et apporte l'amour. C'est pourquoi je demande pardon, à tous les Ivoiriens, à ceux à qui j'ai pu faire quelque chose ».
La deuxième raison de son pardon, Guillaume Soro l'intitule le « pardon de responsabilité ». A ce niveau, il interpelle tous les acteurs politiques ivoiriens à qui il impute la responsabilité de la guerre que la Côte d'Ivoire a connue. « Nous les hommes politiques-là, il y a eu la guerre en Côte d'Ivoire. Moi, j'étais dedans aussi. Donc, je ne peux pas dire que je n'ai rien fait. Nous tous, qui étions acteurs politiques, on a fait quelque chose. C'est pourquoi, nous les acteurs politiques, on doit demander pardon aux Ivoiriens. Alassane, Gbagbo, Bédié doivent demander pardon, moi-même aussi. C'est pourquoi comme je suis le plus jeune, j'ai commencé à demander pardon le premier ». Pour l'ancien chef de la rébellion ivoirienne, la guerre ne vient pas comme la pluie. S'il y a eu la guerre dans un pays, c'est qu'il y a des responsables, des gens qui ont posé des actes. « C'est pourquoi je demande pardon ».
Au3ème niveau de son pardon, l'hôte des visiteurs du Bafing évoque « la honte ». « J'ai honte. Donc, tout le combat qu'on a mené là, c'est pour qu'on mette un député en prison à cause d'un tweet, pour qu'on tue Soro Kogon parce qu'il veut faire un meeting à Korhogo. Ce n'est pas pour ça qu'on a fait le combat. On s'est battu pour qu'il y ait la démocratie, pour que chacun soit libre de dire et de faire ».
A propos, le désormais président du Comité politique charge les dirigeants du parti unifié du Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp), qui tendent vers une caporalisation politique du Nord. Le Nord de la Côte d'Ivoire, s'insurge-t-il, n'a pas qu'un seul parti politique. « Au nord, il y a tous les partis politiques, et c'est normal. Je suis en train de vous dire d'être libres », a encouragé Guillaume Soro, qui dénonce le pouvoir de l'argent utilisé par les tenants actuels du pouvoir. « Les gens croient qu'ils peuvent vous acheter avec de l'argent », s'indigne l'ancien Premier ministre sans pitié pour le régime Ouattara, qu'il prend pour un pouvoir qui malmène ses concitoyens. Notamment ceux qui ne s'inscrivent pas dans la même vision que ses tenants, et qui se trouvent renvoyés de leurs postes dans les administrations ivoiriennes. « Vous pensez que c'est renvoyer-là qui va nous effrayer ? On aurait voulu connaitre ce régime-là pour d'autres bienfaits, et non pour les renvois, la prison, ... », a martelé l'ancien dauphin constitutionnel du président Ouattara.

source : L'Inter    |    auteur : F.D.BONY

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