Situation politique, Ally Coulibaly (Vice-président du Rdr) ''déshabille'' Guillaume Soro: « Ouattara est le seul protecteur de Soro »

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Situation politique, Ally Coulibaly (Vice-président du Rdr) ''déshabille'' Guillaume Soro: « Ouattara est le seul protecteur de Soro »

(Photo d'archives pour illustrer l'article)

Devenu un véritable poil à gratter du pouvoir Ouattara, les faits, gestes et propos de Guillaume Kigbafori Soro sont systématiquement passés à la loupe. Si le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ne dépêche pas ses francs-tireurs sur les traces du député de Ferkessédougou (région du Tchologo), il donne de la voix, notamment dans la presse, pour « déconstruire » toutes les thèses développées par le président démissionnaire de l'Assemblée nationale.

En tournée dans la région du Hambol depuis plus d'un mois, et où il a visité plusieurs villages dont Dabakalakoro, Niédiékaha, Nambanakaha, Sépikaha ainsi que le site 2 de la Sucaf-CI, dans la sous-préfecture de Badikaha, Guillaume Soro a mis en lumière, ce qu'il qualifie de « tares » de la gouvernance du chef de l'État, notamment dans le domaine des infrastructures de base.

Le président du Conseil politique (Cp) communie, dans la ferveur, avec des populations. En toile de fond, saper les fondements du Rhdp. Comme s'il voulait dresser les populations contre le pouvoir d'Abidjan, il a dénoncé les « emprisonnements des enfants du Nord et les licenciements » qui les frappent. Une situation jamais connue, selon lui, avec les prédécesseurs du président Alassane Ouattara.

Des sorties musclées qui n'ont pas manqué de provoquer une onde choc à Abidjan, au point que le Rhdp a lancé, le 27 avril 2019, aux trousses de GuillaumeSoro, des émissaires sur le terrain, dont Ally Coulibaly, ministre de l'Intégration africaine et des Ivoiriens de l'étranger, pour lui porter la réplique et, au besoin, « effacer les traces » du président du Cp. Aux populations de Dabakala, au cours d'un meeting qu'il a animé le 27 avril 2019, Ally Coulibaly, qui ne ferme pas la porte du Rhdp à Guillaume Soro, déclare que « personne n'a chassé Guillaume Soro de son poste, il est parti de lui-même », mettant en garde le peuple Djimini et Djamala contre une mobilisation derrière l'ex-chef du Parlement ivoirien. Car, « la voie empruntée par Guillaume Soro n'est pas la bonne. Si vous avez des préoccupations, c'est à nous que vous devrez les exposer. Ce que Alassane Ouattara et Amadou Gon Coulibaly, n'ont pas encore fait, personne d' autre ne pourra le faire pour vous » s'était lâché le ministre Ally Coulibaly face à une population qui venait, une semaine plus tôt, d'appeler Guillaume Soro à se porter candidat en 2020.

Les Forces nouvelles accusées

Comme symbole fort de leur engagement, des populations se sont engagées à payer la caution s'élevant à 20 millions de F Cfa. Ally Coulibaly a remis le couvert.

Dans une interview qu'il a accordée, vendredi 3 mai 2019, au quotidien ivoirien « l'Expression », proche du pouvoir, le Vice-président du Rassemblement des républicains (Rdr) en charge de la région du Hambol, fracasse, littéralement, l'ancien chef rebelle. Pour lui, Guillaume Soro est un "soldat perdu'', qu'il faut sauver, dénonçant son «errance » dans la région du Hambol. «Il faut sauver le soldat Soro », lance l'ancien patron de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti). « Notre frère Soro Guillaume s'est trompé royalement. Ceux et celles qui l'aiment devraient lui faire entendre raison. Ils doivent lui dire, visiblement, qu'il s'est compliqué la tâche », fait valoir le député-ministre. Il estime que Guillaume Soro « décrédibilise ses fonctions en proférant des mensonges ». « Guillaume Soro doit beaucoup au président Alassane Ouattara, c'est vraiment son protecteur », glisse Ally Coulibaly. Qui précise qu'il « continue de dire que son seul protecteur, c'est le président Alassane Ouattara ».

Le Vice-président du Rdr en charge du Hambol met sur le compte du « mensonge », les déclarations du Guillaume Soro, selon lesquelles « le chef de l'État l'a chassé ». Et, Ally Coulibaly de révéler : « Vous pouvez imaginer tout ce qui a été fait pour qu'il se ravise. Il y a eu des démarches. Le président de la République lui a parlé comme à un fils. Rien n'y fit. Lorsqu'il a affirmé que le président de la République l'a chassé, pour parler vulgairement, c'est une contre-vérité. Cela étant, il emprunte une voie, mais il sait, lui-même, qu'elle ne mène nulle part, sinon à l'impasse, et qu'il ne peut aucunement avoir un avenir s'il s'obstine dans la voie qu'il a choisie. Alors, ceux et celles qui l'aiment, devraient lui dire de s'asseoir sur la honte et de revenir à la maison. Connaissant l'humanisme du président Alassane Ouattara, je suis certain, comme il l'a fait avec d'autres, qu'il saura pardonner, et Guillaume Soro sera accueilli dans la maison commune. Le père est sur le seuil de la maison et l'attend, mais, cela ne dépend que de lui. Si ce ne sont pas des ambitions personnelles, ce divorce n'a aucun sens ». Entre plaidoyer pour le retour à la maison et la fermeté dans les propos, Ally Coulibaly affirme que « les populations de Dabakala sont attachées au président de la République ». Il a mis en garde contre la « démagogie » de Guillaume Soro, et estime que le passage de Guillaume Soro à Dabakala est une banale « errance » et non une visite. Ajoutant que tout ce que Soro a dit, relève plutôt « du déni de réalité ».

Il fait savoir qu'il lui revenait en tant que ministre et fils du département, de « rétablir la vérité ». Cette vérité se présente sous plusieurs visages, illustrées par « un projet qui vise la réalisation de 1600 kilomètres de lignes de réseau de transport en énergie ». Elle se manifeste, à le suivre, aussi par la construction de plusieurs écoles, passant de 73 écoles en 2011 à 113 aujourd'hui. 322 points d'eau à 603, aujourd'hui. Ally Coulibaly reconnaît qu'il existe un trou noir dans le programme. Celui de la mévente de l'anacarde. Mais, il promet : « On verra dans les prochains mois, des usines sortir de terre dans le département de Dabakala. Il faut plus de transformation sur place ».

Si Dabakala accuse, par rapport aux autres régions du pays, un retard, aux yeux d'Ally Coulibaly, Guillaume Soro et les Forces nouvelles ont une grande part de responsabilité. « N'oublions pas que Dabakala fait partie de la zone qui était administrée par ceux qu'on a appelés les Forces nouvelles... Pendant 10 ans, il ne s'est rien passé ici, le développement s'est arrêté, si on peut parler encore de développement. Le fossé entre Dabakala et les autres régions s'est considérablement creusé », a-t-il accusé. Pour lui, c'est l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir, qui a fait redresser la barre, et que « les populations de Dabakala, contrairement à ce qu'on peut affirmer, je ne crois pas qu'elles soient plus pauvres que d'autres ». En tout état de cause, Ally Coulibaly a annoncé une visite d'État, du président Ouattara, dans la région du Hambol et de Dimbokro, deux régions qu'il n'a pas encore visitées depuis qu'il est au pouvoir.



source : L'Inter    |    auteur : Armand B. DEPEYLA

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