Présidentielle 2020 : La dream team du RHDP

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Présidentielle 2020 : La dream team du RHDP

(Photo d'archives pour illustrer l'article)

Après avoir brouillé les pistes sur sa candidature ou non à l'élection présidentielle de 2020, Alassane Ouattara est de plus en plus clair sur l'équipe qui doit lui succéder. Des noms et non des moindres sont déjà sur la table pour le ticket. Les choix ne sont pas encore officiels. Ils devraient l'être au premier trimestre 2020 et devraient s'élargir à un partage de poste stratégique en cas de victoire entre les poids lourds du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ce ne sont pas les ambitions ni les compétences en interne qui manquent. Une bataille de longs couteaux pourraient voir le jour au sein du RHDP. Et des ambitions pourraient être contrariées face au choix final.
Depuis longtemps, le Président Alassane Ouattara était à la manoeuvre pour constituer l'équipe à qui il souhaite passer le flambeau. Le divorce avec Henri Konan Bédié a quelque peu perturbé ces choix. Mais avec le temps, Ouattara a totalement repris ou presque repris et placé toutes les pièces de son puzzle. Le premier ministre Amadou Gon Coulibaly à qui il a confié « les mallettes » du palais, le président du sénat Jeannot Ahoussou Kouadio qui vient de rejoindre les rangs du RHDP, le secrétaire général de la présidence Patrick Achi, le ministre de la défense Hamed Bakayoko et le ministre de l'enseignement supérieur Albert Mabri Toikeusse, constituent la figure de l'équipe qu'il compte construire. Une équipe, peut-être, mais les ambitions des uns et des autres, aussi légitime qu'ils soient, rendront la compétition palpitante. Mais pourraient aussi conduire à d'autres départs au sein de cette alliance, où l'on est plus préoccupé à recruter au sein de l'opposition. En attendant que les règles de désignations des candidats soient précises au sein du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP), chacun active son réseau et se prépare de son côté. Même si, on l'imagine les voix de Ouattara sera prépondérante, n'empêche que chacun puisse jouer à fond sa carte.
Une équipe soudée ? Alassane Ouattara travaille à souder son équipe et à prendre une avance sur une opposition encore hésitante sur ces choix stratégiques. Même avec un objectif commun, l'opposition a de plus en plus de mal à trouver des moyens communs. La plateforme longtemps annoncé par Henri Konan Bédié est déjà confrontée à des contradictions internes entre les proches d'Affi N'Guessan et ceux de Laurent Gbagbo. Guillaume Soro qui avait donné son accord pour y participé, se fait de plus en plus rare auprès de ces derniers et préfère tester sa popularité auprès des populations. En face, Alassane Ouattara ne ménage aucun effort pour resserrer les rangs autour de ses « héritiers. » Tout en se faisant rare dans le débat politique, « il distribue les jeux de rôles à chacun d'entre eux afin de consolider son alliance, l'agrandir et maintenir les liens entre ces derniers » explique un de ses collaborateurs. En fin calculateur, il ne devrait pas changer de gouvernement d'ici 2020 et permettre ainsi à chacun de ses ministres de renforcer son encrage régional. Plusieurs d'entre eux devraient jouer le rôle de directeurs régionaux de campagne. Mais, « chacun devra se sentir pleinement dans le RHDP à partir de la fin juin. Des instructions ont été données afin qu'à partir de cette date, cadres et élus ne se prononcent plus en dehors des canaux du RHDP. Nous allons dérouler la machine à partir de cette date » confie un membre du bureau politique du RHDP.
Ahoussou Jeannot, une arrivée inattendue L'arrivée du président de sénat Jeannot Ahoussou Kouadio au RHDP n'est pas du goût de tous les candidats putatifs de ce parti à la présidentielle 2020. Notamment du côté des ex cadres du Parti démocratique de Côte d'Ivoire ayant rejoint le RHDP et du président de l'Union pour la démocratie et la paix (UDPCI), Albert Mabri Toikeusse. Un concurrent de plus, de trop peut-être dont la présence réduit les chances de certains qui se rasaient chaque matin en y pensant. D'abord le discret secrétaire général de la présidence Patrick Achi. Ce dernier qui a une entière confiance du Président Alassane Ouattara a su développé un automatisme avec le premier ministre Amadou Gon. Selon les proches de ces deux hommes, « ils ont une collaboration fluide et peuvent faire une belle paire à la tête de la nation » rêvent déjà certains. L'un est du nord (Korhogo) et l'autre du Sud (Adzopé) et cela répond à l'image que le RHDP veut donner. Mais Patrick Achi, même président du conseil régional de la Mé n'a pas un grand poids dans cette zone qui reste fortement attachée à la tendance du Front populaire ivoirien (FPI) proche de Laurent Gbagbo. Ensuite, Albert Mabri Toikeusse. De tous les cadres du RHDP, il le seul et le premier à faire connaitre ses ambitions. Ministre depuis 2004 dans divers gouvernements et à différents postes (santé, transport, affaires étrangères, plan et développement, enseignement supérieur), il voit en 2020 son tour. « C'est normal. En tant que président de parti politique et après tant d'années d'expériences, il ne peut que penser à la présidence car il a déjà fait ses preuves d'hommes politiques accomplis. Il peut avec un cadre du RDR porter le flambeau » confie l'un de ses fidèles. Des ambitions qui seront revue à la baisse avec l'arrivée de Jeannot Ahoussou Kouadio. Le départ de Charles Koffi Diby, président du conseil économique et social avait contribué à l'isoler au sein du PDCI. De moins en moins convaincu que le choix du PDCI serait porté sur lui, il a préféré déposer ses bagages au RHDP où il pense avoir plus de chance d'être adoubé, à défaut de conserver certains privilèges comme le poste de président du sénat. Mais ce dernier devra faire face à ceux qui l'avaient devancé au RHDP. Il s'agit entre autres des tenants du PDCI-Renaissance et de ceux mouvement Sur les traces d'Houphouët. La collaboration entre ces derniers au sein du RHDP n'est pas « aussi fraternel » que l'on peut le croire. « Une sorte de guerre de positionnement se mène de façon discrète entre ces différents transfuges du PDCI » relate un des leurs.

Quelle paire pour un ticket gagnant ? De plus en plus, des signaux venant d'Alassane Ouattara indiquent que la candidature du RHDP sera portée par Amadou Gon Coulibaly. Avec qui sera-t-il ? « Le RHDP, il faut le reconnaitre, en dehors du RDR, repose sur plusieurs cadres et militants, transfuge du PDCI. Ce serait une erreur de penser à un ticket en dehors de ces deux entités » pense l'analyste Firmin Kouassi. Selon ce dernier, « il ne faut pas occulter que le vote reste encore tribal en Côte d'Ivoire. Une fusion entre un cadre du grand nord et du grand centre (socle du RHDP) est plus probable. Bien entendu les têtes fortes des autres régions, pourraient se voir, dans ce cadre, confié des postes stratégiques en cas de victoire. » Le RHDP est certes la principale force politique à avoir des élus dans toutes les régions lors des élections municipales et régionales du pays mais ces deux zones principalement le plus grand nombre de ses élus. « Le RHDP après près de 10 ans au pouvoir ne peut se vanter d'avoir recruté beaucoup d'électeurs dans les zones Ouest et Est du pays qui restent un bastion d'un FPI uni. D'ailleurs le taux de participation aux élections dans ces zones depuis 2013 ne dépasse pas les 30%. Plusieurs cadres ont certainement déposé leurs bagages au RHDP après avoir été élus et pourraient jouer les troubles fêtes lors du choix. « Les jeux se feront entre Amadou Gon Coulibaly, pour le nord, Patrick Achi pour le Sud, Jeannot Ahousou Kouadio pour le centre et Albert Mabri Toikeusse pour l'Ouest » confie un diplomate qui n'écarte pas non plus des candidats surprises qui pourraient s'inviter à la table du partage du gâteau.

source : jda.ci    |    auteur : Ouakaltio OUATTARA

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