Luckson Padaud(artiste-musicien) : '' Alassane Ouattara est un bon président''

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Luckson Padaud(artiste-musicien) : '' Alassane Ouattara est un bon président''
Rencontré, hier jeudi 23 janvier 2020, dans la matinée, dans son studio situé dans la commune de Yopougon, dans le sous-quartier Selmer, la légende vivante de la musique tradi-moderne ivoirienne, Luckson Padaud, nous a parlé de son nouvel album, en confection, dédiée à la paix en Côte d'Ivoire, et de la cérémonie qu'il organisera, les 28 et 29 mars prochain, à Daloa, en hommage au chef de l'Etat, Alassane Ouattara.
Après un long moment d'absence sur le marché discographique que devenez-vous ?
Je me porte comme un charme. Je suis là, entouré de frères Séhia. Retenez que ce n'est plus comme avant. Aujourd'hui, il faut payer avant de passer à la télé. Cette situation fait qu'on a l'impression que nous ne sommes plus présents sur la scène musicale locale.
Voulez-vous dire que vous tournez beaucoup ?
Tout à fait. Je ne chôme pas du tout. Pour preuve, j'ai pris part à de nombreux festivals et cérémonies qui m'ont conduit à Riviera 2, à la Palmeraie, à Marcory, à Oumé, à Adiaké... J'ai eu une proposition de spectacle en France. Je l'ai refusée parce que mon calendrier est très chargé.
Cela fait 37 ans qu'a débuté votre carrière. Quel bilan faites-vous de votre parcours ?
Le bilan est positif. Et pour cause, je vis de ma musique. J'ai un orchestre depuis 1997. Mes musiciens me sont restés fidèles. Je ne regrette pas d'avoir embrassé le métier de chanteur. Par ailleurs, il m'a permis de tisser de nombreuses relations. Une richesse incommensurable.
Comment vous sentez-vous après toutes ces années passées sur scène ?
Je ne peux pas vous dire que j'ai le même timbre de voix et la même énergie que lorsque je débutais ma carrière en 1982. Je m'adapte aux nouvelles exigences de mon métier. Nous sommes heureux de voir mes chansons interprétées par les chanteurs de la nouvelle génération, notamment Les Leaders, Billy Billy, Espoir 2000, etc.
Vous êtes l'auteur de plusieurs albums. Lequel préférez-vous?
Je les aime tous. Ce sont tous mes "enfants''. Je les préfère tous à l'instar de " Kalgbeu'', la chanson qui m'a révélé au grand public,' 'Yobo'', Laba-laba''...
Avez-vous quelques regrets ?
Comme tous les êtres humains, j'ai quelques regrets. En 1989, j'avais été coopté pour composer une chanson pour le concours télévisé de danse, Varietoscope. Alors que j'étais en tournée, j'ai reçu un coup de fil me disant que ma chanson a été censurée. Je crois que c'était une décision politique. Comme je suis un mollusque, je suis rentré dans ma coquille sans dire un mot.
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué tout au long de votre riche et longue carrière ?
Deux évènements resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Le premier est la cérémonie de dédicace de mon premier album, en 1982, dans un hôtel situé dans le 15è arrondissement de Paris. Le second est l'acquisition de mon matos en 1989.
Pouvez-vous nous parler de votre prochain projet musical ?
Vous m'avez trouvé en studio où je prépare mon nouvel album. Il comprend 10 titres. L'un de mes musiciens, qui vit à Londres, participe à la confection de cette galette sonore. J'ai choisi de chanter pour la paix en Côte d'Ivoire. Vous n'êtes pas sans ignorer que la présidentielle de 2020 cristallise les débats sur fonds de tensions. En tant que leader d'opinion, nous tenterons, à notre modeste niveau, d'assouplir les positions des politiques afin d'aller à l'élection de 2020 dans la paix. A travers cette oeuvre, nous rendons hommage au premier président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, l'apôtre de la paix. Nous demandons au sage de Yamoussoukro, qui nous a enseignés la paix et l'amour du prochain, d'inspirer les leaders politiques pour que le prochain scrutin présidentiel se déroule sans violence. Nous allons chanter, le titre phare de l'album, avec le reggaeman ivoirien Serge Kassi. A travers notre prochaine sortie discographique, nous dirons aux Ivoiriens de s'aimer les uns les autres. Nous allons prôner le pardon. Il faut que les habitants de la Côte d'Ivoire arrivent à se comprendre. Nous militons pour la cohésion des Ivoiriens. La politique, c'est la pratique du débat argumenté, la confrontation des idées et non l'affrontement avec les armes. Avant, pendant et après une élection, on doit s'asseoir pour se parler. Nous demandons à nos compatriotes d'écouter notre message de paix. Nous les suppléons de suivre les enseignements d'Houphouët-Boigny afin que l'élection présidentielle de 2020 se déroule sans incident majeur.
Quelle est ton actualité?
Je prépare mon nouvel album intitulé'' La paix''. Par ailleurs, je suis en train d'organiser une journée de célébration de la paix et de remerciement et d'hommage au président de la République, Alassane Ouattara.
Pourquoi un tel évènement et quelles sont les grandes articulations?
Je voudrais dire merci au premier citoyen ivoirien qui m'a offert une médaille d'honneur du mérite culturel en 2014 et me verse une rente viagère d'une valeur 300.000 FCFA depuis 2019. Par ailleurs, grâce à sa sollicitude, j'ai été nommé ambassadeur de la paix de l'Organisation internationale de la francophonie(OIF) à Grand-Bassam. Par ailleurs, feu Ernesto Djédjé, mon frère aîné, a été décoré à titre posthume. Quant à moi, son petit frère, j'ai reçu un titre de reconnaissance de la nation de mon vivant, et ce, grâce à Alassane Ouattara qui est un bon président. Il se soucie du bien-être des artistes ivoiriens pendant qu'ils sont encore en vie. Chez nous les Bétés, on dit qu'il faut être reconnaissant à son bienfaiteur. C'est pour cette raison que j'organise, les 28 et 29 mars prochain, à Daloa, à la place de la grande mosquée, les nuits de la paix, de célébration et de remerciement au chef de l'Etat, Alassane Ouattara. Je serai accompagné des artistes tradi-modernes du Haut-Sassandra. L'artiste humoriste Gbi de Fer et Soro N'Gana seront également de la partie. Il en sera de même du président des ambassadeurs du programme " Libres Ensembles Vivre Ensembles'' de l'OIF, Mohamed Salamé.
Pour rappel, cette cérémonie sera marquée par des prestations artistiques, un concert offert gracieusement à la population de la cité des antilopes. Ce rendez-vous musical grandiose aura lieu à la place de la grande mosquée de Daloa.
Quel regard portez-vous sur le zouglou et le coupé-décalé ?
Ces deux genres musicaux ivoiriens font la promotion de la culture ivoirienne. C'est une très bonne chose, mais nous demandons à nos cadets de taire leurs querelles.
Etes-vous prêt à vous lancer dans l'un de ces genres musicaux ?
Je le ferai peut-être un jour. J'aime les mélodies zouglou et coupé-décalé.
Quelle place occupe aujourd'hui la musique tradi-moderne, dont vous êtes l'un des dignes ambassadeurs ?
Cette musique est négligée en Côte d'Ivoire. Et pourtant, elle inspire la jeunesse. A la vérité, elle n'est pas soutenue. Pour preuve, elle a du mal à entrer au palais de la culture d'Abidjan.
Que faut-il faire pour pousser vers l'avant la musique tradi-moderne ?
Il faudra en parler au ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman, et à son collègue de la communication, Sidi Tiémoko Touré. Ces derniers, pourront nous aider à booster la musique tradi-moderne.
Quel est votre mot de fin ?
Je souhaite que la paix redevienne la seconde religion des Ivoiriens. Que 2020 soit une année de paix, de pardon et d'amour. Nous voulons une élection présidentielle apaisée. La Côte d'Ivoire doit sortir grandie du prochain scrutin présidentiel. J'aime mon pays, j'aime les Ivoiriens, j'aime l'Afrique. Nous demandons aux politiciens de nous garantir la paix.

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