Crise au sommet de l'État/ Mabri Toikeusse mis en Quarantaine, sa démission attendue

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Crise au sommet de l'État/ Mabri Toikeusse mis en Quarantaine, sa démission attendue

(Photo d'archives pour illustrer l'article)

Un vent de destruction massive souffle sur le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et pour la paix (RHDP). Précisément pour ceux qui se mettent en travers du projet cher au président dudit parti, Alassane Ouattara. Le chef de l'Etat ivoirien veut faire d'Amadou Gon Coulibaly, le premier président élu de la IIIème République. Cette vision qui ne rencontre pas l'assentiment de l'ensemble du RHDP a déjà fait une première victime. Officiellement.


Marcel Amon Tanoh, fidèle parmi les fidèles à Alassane Ouattara, a rendu le tablier, le 19 mars. Sur sa page Facebook, l'ex chef de la diplomatie ivoirienne a fait une publication, pour informer les Ivoiriens de sa démission du gouvernement. %u2018%u2018Chères soeurs, chers frères, en tant qu'homme public ayant assumé de nombreuses responsabilités au service de mon pays, je me dois de m'adresser à vous directement, pour vous informer de ma démission du gouvernement'', peut-on lire d'entrée sur ce post.
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Marcel Amon Tanoh est donc parti du gouvernement Amadou Gon Coulibaly. Pourtant, deux jours avant, soit le 17 mars 2020, des sources concordantes confirmaient le rejet de cette démission par son ami de toujours, le président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Un acte qui a considérablement perturbé le calendrier de l'Exécutif, puisqu'il a occasionné la non-tenue du Conseil du gouvernement ce même mardi 18 mars et celle du Conseil des ministres, le lendemain 19 mars.


Depuis ce départ fracassant du fils de Lambert Amon Tanoh, les observateurs de la vie politique ivoirienne ont orienté leurs regards vers le président de l'Union pour la démocratie et pour la paix (UDPCI), Dr Albert Mabri Toikeusse. Le 12 mars 2020, lors du Conseil politique qui s'est mué en la présentation d'Amadou Gon Coulibaly comme candidat officiel du RHDP, le numéro 1 de l'UDPCI a montré son désaccord d'avec ce choix du champion des Houphouëtistes, le président Alassane Ouattara.

Contrairement aux autres personnalités présentes à la table de séance, l'actuel ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique ne s'est pas levé pour applaudir. Assis, le visage fermé, se posant certainement toutes les questions quant à son avenir politique, Mabri Toikeusse venait de démontrer, si besoin en était encore, qu'il ne soutenait en rien la candidature de l'actuel chef du gouvernement à la prochaine présidentielle.
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Les ambitions présidentielles, Mabri Toikeusse ne cesse de dire, depuis 2015, qu'il en a. Vice-président du RHDP, le président de l'UDPCI se voyait dérouler le tapis rouge, en route pour la présidence de la République, après la déclaration de Yamoussoukro du 5 mars d'Alassane Ouattara. En effet, le chef de l'Etat ivoirien a fait part de son retrait de la course au pouvoir en 2020, devant le Parlement (Assemblée nationale Sénat) réuni, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny.

Pain béni pour Mabri. Le rêve commençait à devenir réalité. Jusqu'au jour où, un véritable coup de poignard lui a été planté dans le dos, avec la désignation du petit-fils de Peleforo Gbon Coulibaly, pour briguer la présidentielle de 2020 sous les couleurs du RHDP.

Un malheur ne venant pas seul, des cadres de son parti vont se désolidariser de lui. Conduits par Albert Flindé, ces barons de l'UDPCI ont officiellement apporté leur soutien à la candidature d'Amadou Gon Coulibaly.

Pour ces dissidents en embryon, le fait que %u2018%u2018le président Mabri Toikeusse se soit abstenu de sa déclaration de candidature pour ne pas perturber la dynamique de cohésion autour d'une valeur sûre capable de faire gagner le Rhdp au premier tour des élections présidentielles'' tient lieu de soutien à la candidature du chef du gouvernement.

Ainsi, Mabri Toikeusse est plus que jamais isolé. En cette période de propagation de la maladie à coronavirus, l'on peut se permettre de dire que le président de l'UDPCI a été mis en quarantaine. Pas par les autorités sanitaires de ce pays. Mais, par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, avec bien sûr le cachet du chef de l'Etat, Alassane Ouattara. Ne pouvant plus compter sur l'appareil du RHDP qui a manoeuvré pour casser son parti, Mabri est plus que jamais affaibli, à sept mois des élections.

Sa famille étant sérieusement infectée, va-t-il faire allégeance, en rejoignant à la bande à Flindé, pour bénéficier des bonnes grâces du pouvoir ? Ou alors, va-t-il s'inspirer du cas Amon Tanoh et rendre sa démission et quitter les Houphouëtistes pour d'autres cieux ? L'avenir de Mabri semble brumeux, incertain mais pas forcément obscur. Ce qui est certain, c'est que pour l'heure, l'homme fort du RHDP est sur les rotules.
auteur : JOB

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