Rapatriement annoncé de l'activiste ivoirien Johnny Patcheco : des artistes et journalistes réagissent

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Rapatriement annoncé de l'activiste ivoirien Johnny Patcheco : des artistes et journalistes réagissent

(Photo d'archives pour illustrer l'article)

L'activiste Johnny Patcheco a été arrêté et son rapatriement sur Abidjan est annoncé pour le dimanche 29 juillet 2018. Il est poursuivi par l'État ivoirien pour subversion et désertion. Qu'en pensent des journalistes et artistes ivoiriens ?
Serges Alex (Journaliste) : « Au lieu de Johnny Patcheco, honnêtement, il y beaucoup de dossiers sur le bureau du procureur qui attendent d'être réglés »

« D'abord, je n'ai pas appris cette information concernant son rapatriement... Mais si c'était vrai, ce serait une décision étonnante pour ne pas dire choquante. Je m'explique : ici en Côte d'Ivoire, suite à la crise post électorale, il y'a des milliers d'Ivoiriens qui sont en prison. Certains les appellent des prisonniers politiques, d'autres récusent ce terme, et disent qu'il n'y a pas de prisonniers politiques en Côte d'Ivoire. Toujours est-il que parmi ces gens emprisonnés, il y'a beaucoup d'innocents qui ont été arrêtés parce qu'ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Depuis 7 ans, la justice tarde et peine à les juger, et beaucoup meurent en détention alors qu'ils bénéficient jusqu'alors, de la présomption d'innocence qui leur profite. Quand on interroge le gouvernement, il reconnaît que la justice prend son temps pour faire son travail. Ce qui veut dire qu'il reconnaît la lenteur qui prévaut. Les défenseurs des détenus affirment que la justice fait preuve sciemment de cette lenteur pour laisser mourir à petit feu ceux qu'ils qualifient de prisonniers politiques. Ils vont même plus loin en parlant de justice des vainqueurs car, selon eux, les combattants de l'autre camp aujourd'hui au pouvoir ne sont pas arrêtés alors que des exactions leurs sont reprochées. Face donc à cette affaire Johnny Patcheko, on peut être surpris de voir qu'une justice qui est lente depuis 7 ans pour juger des détenus pour savoir s'ils sont coupables ou pas, diligente de mener une procédure hors du territoire ivoirien pour un soi disant déserteur. Autre étonnement, c'est de voir que l'État fnlandais est peut-être impliqué dans le dossier pour faire rapatrier le mis en cause. Pour terminer, on serait tenté de se demander est-ce que Johnny Patcheco n'est pas victime d'une action pour la simple raison qu'il attaque régulièrement sur les réseaux sociaux le pouvoir d'Abidjan ? Honnêtement, au lieu de l'affaire Johny Patcheco, il y'a beaucoup de dossiers sur le bureau du procureur de la république concernant les détenus dits politiques en Cote d'Ivoire qui attendent d'être réglés.... »

Monique Sécka (artiste chanteuse) : « On a besoin de réflexion pour exprimer ses opinions »

« Comme tout problème sensible, on a besoin de réflexion avant d'exprimer ses opinions ».
DJ Luciano (artiste/Président des DJ de Côte d'Ivoire) : «Je ne comprends pas pourquoi on doit le rapatrier»

« (...) Je ne comprends pas pourquoi on doit le rapatrier ? (...) C'est vrai que je ne maîtrise pas tout le contour du dossier. Mais bien qu'il soit un dossier politique, je ne comprends pas pourquoi on doit le rapatrier »

Loody Sakolo : (artiste chanteur) « je crois que ce n'est pas une très bonne chose »

«(...) Je ne sais pas vraiment quoi dire mais je crois que ce n'est pas une bonne chose qu'il arrive ici e cette façon. Que Dieu nous garde ! »


Olivès Guédé (artiste chanteur) : «Il faut avouer qu'il dérange beaucoup le pouvoir»
«Je suis contre ce rapatriement. Johny a mon soutien. C'est une manière de le faire taire. Il faut avouer qu'il dérange beaucoup le pouvoir de Dramane Ouattara »

Ferro Bailly (Journaliste) : « Je m'interdis d'intervenir dans une affaire dont je ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants »
«Je ne suis pas informé de cette affaire que je viens d'apprendre, et je m'interdis d'intervenir dans une affaire dont je ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants ».

Marc Brou (Journaliste) : «Dans le fond, ce n'est pas normal »

« Je n'ai pas tous les tenants de cette affaire mais dans le fond ce n'est pas normal ».
source : afrikipresse.fr    |    auteur : Claude Dassé

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