Covid-19 : « au bout d'un mois d'Etat d'urgence, l'Etat de Côte d'Ivoire a-t-il les moyens d'assumer les salaires de nos concitoyens qui exercent dans les PME ? »

  • publié il y a : 10 jours
  • vues : 810  
  • tags : covid-19 - d'etat - d'urgence -  - l'etat - d'ivoire - a-t-il
Covid-19 : « au bout d'un mois d'Etat d'urgence, l'Etat de Côte d'Ivoire a-t-il les moyens d'assumer les salaires de nos concitoyens qui exercent dans les PME ? »
Décryptage du discours à la Nation de Ouattara du lundi 23 mars 2020 sur l'état d'urgence face à la progression du Covid-19 en Côte d'Ivoire.

J'ai publié un billet ici hier, où j'ai prévenu qu'en ces circonstances, le discours de M. Ouattara n'apporterait rien de remarquable à part durcir les mesures de lutte contre la propagation de la maladie : lesquelles mesures s'imposaient d'ailleurs à lui en tant que Chef de l'Etat...

Le nombre de malade du Covid-19 s'est accru à la vitesse d'un moteur de formule 1, en seulement 14 jours. A pareil moment, M. Ouattara pouvait-il faire ce discours sans décréter ces mesures additionnelles ?
Moi, je ne pense pas. Et je les signifié ici hier tout en précisant les risques que comportent ces mesures qui allaient être prises pour un peuple ivoirien qui a un mode de vie communautaire et dont les populations vivent au jour le jour.
Pour l'heure, ces mesures sont nécessaires ; mais elles entraîneront d'autre problème si la pandémie perdure : soit à partir de la 4ème semaine de ce virus sur notre territoire national. Bref...


Dans son discours, les Ivoiriens s'attendaient tous à ce que M. Ouattara éponge les craintes liées aux avoirs et aux dépenses quotidiennes ou mensuels des populations. Mais il ne l'a pas fait.

A ce stade de la crise, M. Ouattara pouvait-il prendre la décision de suspendre les factures d'électricité et d'eau le jour même où il demande à ses concitoyens de rester chez eux à la maison ?
M. Ouattara pouvait-il prendre la décision d'annuler les impôts pour les PME ou les taxes qu'essuie le secteur informel ?
L'Etat de Côte d'Ivoire a-t-il les moyens d'assumer les salaires de nos concitoyens qui exercent dans les PME ?
Je pense que NON. En tout cas, pas à ce stade de la pandémie.


Pour l'heure, la seule décision que peut prendre le Chef de l'Etat : c'est de réduire le prix des produits de premières nécessités tels que : le riz, l'huile, le gaz, ... L'Etat peut subventionner le taux de réduction de ses produits. Cela limiterait les dépenses des populations qui doivent rester chez elles pour une période illimitée.

LA GESTION DE CRISE :

Dans la gestion d'une telle crise d'envergure mondiale, le problème inéluctable qui s'impose au dirigeant, c'est le facteur « Temps ». Nul ne sait quand la crise prendra fin. Ainsi, les questions d'ordre économiques s'abordent avec parcimonie. Et les décisions qui en résultent doivent être efficace selon la durée et les dommages que nous impose la pandémie.
Cela dit :

%u2013 Au bout d'un (01) mois de situation Etat d'urgence, l'Etat peut décider d'effectuer des allègements fiscaux (et non l'annulation des impôts) pour les entreprises et les activités de l'informel.


%u2013 Au bout d'un (01) mois d'Etat d'urgence, l'Etat peut prendre la décision d'accompagner les travailleurs des PME (à un niveau de subvention prêt qu'il aura décidé) s'il en a les moyens bien-sûr. Encore, il faut que ces entreprises répondent aux critères que pourrait imposer l'Etat comme par exemple : être à jour dans le paiement des impôts.

%u2013 Au bout d'un (01) d'Etat d'urgence, l'Etat peut décider de faire des prêts (à taux d'intérêt très bas) pour ses assureurs à travers ses organes tels que la CNPS, le FIDDRA...


%u2013 Au-delà des responsabilités de l'Etat, les organisations de la société civile peuvent lancer une motion de solidarité au plan national. Les fonctionnaires du public et du privé, les opérateurs économiques, et les personnes ayant un niveau de vie acceptable peuvent initier une cotisation d'envergure nationale pour offrir des produits d'hygiène et des vivres aux populations nécessiteuses. Cela s'impose à nous puisque tant que ces personnes sont exposées à la maladie, c'est toute la Côte d'Ivoire qui est en danger.


Je l'ai dit dès le début, nos autorités auraient pu nous éviter cette crise si elles n'avaient pas manqué de laxisme dans la gestion des entrées à nos frontières aéroportuaires, maritimes et terrestres. Nous avons tous été témoin de l'incident de l'INJS. Maintenant que nous sommes face au problème, la responsabilité de tous est réclamée. Il faut se conformer aux exigences. Il faut respecter les mesures prises par le gouvernement. Il faut que les ivoiriens communiquent pour trouver des solutions efficaces adaptées à notre mode de vie. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !
source : yeclo.com    |    auteur : Malan Aka

A voir egalement

Publicité
Publicité