Coronavirus : La Côte d'Ivoire ''entre en guerre''...les plus pauvres sacrifiés

  • publié il y a : 11 jours
  • vues : 1667  
  • tags : coronavirus - d'ivoire - ''entre - guerre''...les - pauvres - sacrifiés - actualités
Coronavirus : La Côte d'Ivoire ''entre en guerre''...les plus pauvres sacrifiés
Très attendu, ce Lundi 23 Mars, pour sa première sortie officielle, depuis le déclenchement de l'épidémie du Covid-19 en Côte d'Ivoire, le Chef de l'État Ivoirien, Alassane OUATTARA, a affiché une fermeté, déconcertante, face à la crise épidémiologique, qui menace son pays, et le reste du monde.

Aux grands maux, les grands remèdes, ce sont des mesures martiales, qui ont été prises ce Lundi 23 Mars, soit une semaine après la réunion du Conseil National de Sécurité, qui avait décidé, notamment, des restrictions aux frontières et des règles d'hygiène à adopter, pour éviter la contamination au Coronavirus. Huit mesures, au total, ont été décrétées par le Président Ivoirien, pour canaliser l'épidémie, qui a déjà fait 25 contaminés, en Côte d'Ivoire, selon des chiffres du Ministère de la santé publique. Au nombre de ces mesures, la fermeture de tous les maquis et restaurants, l'instauration d'un couvre-feu de 21 h à 05h du matin, la régulation des transports interurbains, l'interdiction des déplacements non autorisés entre Abidjan et l'intérieur du pays et le confinement progressif des populations par aire géographique, en fonction de l'évolution de la pandémie. Ces dispositions martiales qui viennent en appoint des mesures sanitaires, sont certes, déterminantes dans la lutte contre la propagation du virus, mais pas sans conséquences, pour les populations, en majorité, économiquement vulnérables. Dans un contexte économique, extrêmement fragile et dominé par l'informel, l'application de telles mesures, risque inconditionnellement, d'affamer des populations, essentiellement dépendantes des activités quotidiennes.

Dans un rapport publié en Juillet 2018, la Banque Mondiale, estimait à 90%, le taux de personnes évoluant dans l'informel en Côte d'Ivoire. Cette situation, qui rend la majeure partie des populations, économiquement, vulnérables, doit être gérée avec délicatesse, en cette période de crise sanitaire. Autant, elles sont décisives pour briser la chaîne de transmission du Coronavirus, autant leur impact sur les populations, peut être, important. Des populations sans revenus, des charges sociales qui ne baissent pas, des prix de denrées alimentaires qui explosent...les ingrédients pour un échec irréversible du processus de lutte contre cette pandémie, sont réunis. En France, l'État a débloqué un fonds de 300 milliards d'euros, pour soutenir les entreprises et leur permettre de renouer avec la croissance, en cas de stabilisation de la situation épidémiologique. Ailleurs, en Europe et dans le monde, des mesures similaires ont été prises, avec des allègements de charges, pour les ménages. Ceci, pour permettre à l'économie de résister au choc de la crise. En Côte d'Ivoire, un plan de 95 milliards de nos francs, a été annoncé par le gouvernement pour renforcer le dispositif de lutte contre l'épidémie, mais avec quel niveau d'impact sur les acteurs du secteur informel, incomparablement plus nombreux ?

De façon pratique, qu'est-ce qui est fait pour permettre à la serveuse de restaurant de quartier de supporter ses charges, là où, elle ne peut plus vendre, sur une durée indéterminée. Comment le gérant de maquis, s'arrange-t-il pour combler le manque à gagner, alors que les depenses s'accumulent et s'alourdissent ? Que prévoit-t-on, pour le conducteur de mini-car, qui du fait de la limitation des déplacements, ne peut plus assurer sa recette, pendant que sa famille en dépend ? Les questions de ce genre, sont légions, dans chaque cas, affecté directement ou indirectement, par les mesures décidées par les autorités. Rien n'est, pour l'instant, arrêté sur la question des loyers que des gens cotisent, littéralement pour payer. Quid des factures d'électricité et d'eau! Aucun mécanisme, pour l'instant, n'est déployé pour freiner les ardeurs des commerçants véreux, qui profitent de la crise, pour abuser de leurs clientèles...
Certes, il fallait ces mesures, pour ouvrir une lucarne d'espoir dans cette lutte, mais, les appliquer au mépris de la réalité sociale, représente, incontestablement, une menace, probablement plus importante que le Coronavirus.

auteur : Raoul MOBIO

A voir egalement

Publicité
COTE D'IVOIRE INDEPENDENCE CELEBRATION
Publicité