Asec Mimosas : Koné Bakary (Baky) parle de sa petite taille, ses débuts professionnels, ses folies et comment sa vie a changé

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Asec Mimosas : Koné Bakary (Baky) parle de sa petite taille, ses débuts professionnels, ses folies et comment sa vie a changé

(Photo d'archives pour illustrer l'article)

« Pétoulé, je ne vous révélerai pas ce que ça signifie »
« Quand je vendais les tomates au marché avec ma mère, personne ne me calculait »


Après avoir fait ses classes à l'Asec Mimosas et embrassé une carrière professionnelle, Koné Bakary dit Baky a été nommé président de la section football de ce club. Le nouveau dirigeant mimos vient de faire des révélations sur sa vie et son parcours.

« Pétoulé », vous connaissez ? Certainement pas. Pourtant, tous les joueurs de la première promotion de l'Académie Mimosifcom ou ceux qui ont évolué avec lui à cette époque le connaissent. Il s'agit de Koné Bakary dit Baky. Le président de la section football de l'Asec Mimosas a levé un coin de voile sur sa vie et son parcours footballistique. Notamment sur le côté vestiaire. « Je ne parlais que quand c'était nécessaire, le reste du temps, je faisais des blagues avec les autres, on n'arrêtait pas de se taquiner et de se donner des surnoms. Moi, j'en avais quarante mille ! Et il ne fallait pas se fâcher quand on t'en donnait un, sinon tu pouvais être sûr qu'il allait te poursuivre sans cesse ! Si je devais en citer un, ce serait «%u2009Pétoulé%u2009», je ne vous révélerai pas ce que ça signifie, mais c'est en lien avec ma taille. Nous étions des enfants, il n'y avait pas un boss sur le terrain, nous étions tous les boss, c'est cette solidarité qui nous a permis de réussir ce que nous avons fait. », a-t-il confié au confrère en ligne sofoot.com

« On me disait trop petit pour jouer l'Europe »

Il a également parlé de ses premiers pas au niveau du football professionnel où il a atterri, en 2002 au Qatar. « Je ne sais plus qui m'a parlé d'une opportunité là-bas et je l'ai saisie, car après quatre saisons à l'ASEC, c'était le moment de partir. Je voyais mes frères s'en aller les uns après les autres et je commençais à saturer. J'ai longtemps attendu à cause de ma taille. On me disait trop petit pour jouer l'Europe. Avec le recul, je n'en veux pas à ceux qui disaient ça, car leurs critiques m'ont aidé à devenir ce que je suis aujourd'hui. Ils pensaient me faire du mal, mais cela m'a juste motivé. Chaque fois que je montais sur le terrain, je me disais qu'il fallait que je prouve à ces messieurs qu'ils avaient tort. Du coup, des buts de la tête, j'en ai mis beaucoup ! J'avais même un meilleur jeu de tête que pas mal d'attaquants de deux mètres. Je ne suis pas prétentieux, c'est la vérité. »

«%u2009Un petit joueur, un peu paumé%u2009» se souvient son ex-entraineur à Doha, Christian Gourcuff

Pour Baky, sa rencontre avec Christian Gourcuff a changé sa vie. Car en arrivant au Qatar, il ne savait rien faire, ni parler l'anglais, encore moins se faire un plat. En guise de solution, il s'est réfugié dans son domaine de prédilection, jouer au football jusqu'à ce qu'il atterrisse en France. « Et j'ai eu la chance de tomber sur quelqu'un de merveilleux : Christian, mais aussi toute sa famille. Sa mère m'a fait mon visa pour la France à la fin de mon année au Qatar, car je ne voulais pas rentrer en Côte d'Ivoire. Au départ, c'était juste pour prendre des vacances et rendre visite à mon frère qui jouait en CFA à Pontivy. Et puis Gourcuff m'a appelé : «%u2009Est-ce que tu aimes la couleur orange ?%u2009» J'ai répondu : «%u2009Oui coach, c'est la couleur de mon pays, forcément que je l'aime.» Et lui m'a dit : «%u2009Ça te dirait de signer avec moi à Lorient ?%u2009», rapporte-t-il.

Le président de la section football de l'Asec estime que son passage à Lorient l'a marqué à jamais. Le simple fait d'y penser aujourd'hui lui donne la « chair de poule ». « J'aurais pu partir à l'hiver 2005, Lille et Nantes me voulaient, alors que Lorient était relégable. Mais j'ai demandé au coach, chez qui j'ai habité pendant presque un an, s'il avait besoin de moi. Il m'a répondu : «%u2009Oui, j'ai besoin de toi, mais si tu as une possibilité pour partir, tu ne devrais pas la rater.%u2009» Je l'ai coupé et je lui ai dit : «%u2009C'est bon, coach, si vous avez besoin de moi, je reste.%u2009» On a terminé 10es et moi meilleur buteur de Ligue 2. Le soir du dernier match, les supporters m'ont remis le drapeau breton et pleuraient parce que j'allais partir. C'était incroyable, j'en suis encore ému. »

Baky au centre d'une bagarre généralisée

Efficace et peu agressif sur le terrain, il a pourtant été suspendu pour trois matches pour avoir été au centre d'une bagarre générale à Lorient. La faute à un adversaire (Vincent Hognon) qui avait « dit des choses sur sa mère. ». « C'était la seule chose à ne pas faire ! Je lui ai répondu : «%u2009Toi et moi, on va mourir ensemble%u2009», et je ne l'ai pas lâché de tout le match. À la fin, il a essayé de me choper, bien sûr j'ai répondu et ça s'est terminé en bagarre. J'en ai parlé avec Gourcuff et il a compris le pourquoi du comment. Je ne suis pas fier de cet épisode, mais je ne le regrette pas. Il y a des choses auxquelles on ne touche pas. », souligne Baky.

Après Lorient, l'Olympique de Marseille (OM) est l'un des clubs qui l'a marqué dans sa carrière. La raison ? C'est avec ce club qu'il a remporté son « premier trophée depuis la Supercoupe avec l'Asec. « En 2009, on manque le titre de peu et l'année suivante, on fait le doublé championnat-Coupe de la Ligue avec un super groupe. Et surtout, pour le petit Africain que j'étais à l'époque, Marseille c'était le club de référence. J'arrivais après Abedi Pelé, Basile Boli, Didier Drogba, donc il y avait aussi une certaine fierté à porter ce maillot. », indique-t-il, avant de parler de ses folies.

Koné Bakary avoue avoir un faible pour les voitures. Et pour se faire plaisir, il s'est acheté une Porsche Cayenne. « Au Qatar, j'ai acheté une Porsche Cayenne qui venait à peine de sortir, et franchement c'était un peu trop cher. J'ai culpabilisé sur le moment, parce que c'est comme si j'avais oublié d'où je venais. Tu te dis que tu peux utiliser l'argent pour faire quelque chose de meilleur. Encore aujourd'hui, j'en ai un peu honte... », a-t-il reconnu. Et d'en donner l'explication. « Malgré le succès, il ne faut jamais oublier qu'il y a des personnes qui souffrent et qui n'ont pas la même chance que toi. Avoir des facilités, ça ne veut pas dire narguer les gens ou leur montrer tout ce que je possède. C'est triste à dire, mais la jalousie est un fléau en Afrique. Quand je vendais les tomates au marché avec ma mère, personne ne me calculait. Maintenant que le petit Bakari est devenu grand, les gens regardent ce que je suis et ce que j'ai. Ce qui les intéresse, c'est la carcasse, pas ce qu'il y a au fond. » Sacré Baky !
source : Linter

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